El Instituto Internacional de Sociocrítica publica un ensayo sobre «Representanción» y «Alter Retrato» en la obra de los artistas Martín Sampedro y Ray Gropius.
Escrito por Magali Dumousseau Lesquer, Université Paul-Valéry (Montpellier), el ensayo aborda aspectos del transhumanismo y las nuevas posibilidades que ofrecen los entornos digitales como medio de creación artística, representación e identidad. A partir del concepto “alter-retrato” desarrollado por el fotógrafo Martín Sampedro. El análisis destaca dos obras de arte digital: LATEИTE de Martín Sampedro y Metaversal Drawinngs de Ray Gropius.
LA REPRESENTACIÓN
Magali Dumousseau Lesquer
Réflexions autour du concept de álter-retrato dans l’art numérique à partir de l’analyse des vidéos LATEИTE (2018) de Martín Sampedro et Metaversal drawing (2017) de Ray Gropius.
Résumé
Cet article propose une réflexion sur les nouvelles possibilités de représentation offertes par la programmation en tant que médium de création artistique, à partir du concept « d’alter-portrait » développé par le photographe Martín Sampedro et de l’analyse de deux réalisations d’art numérique : les vidéos LATEИTE (2018) de Martín Sampedro et Metaversal drawing (2017) de Ray Gropius.
Abstract
Based on the analysis of two digital art works – Martín Sampedro’s LATEИTE videos (2018) and Metaversal drawing (2017) by Ray Gropius – this essay uses the concept of ‘alter-portrait’ coined by photographer Martin Sampedro to examine the new possibilities offered by programming considered as a medium for artistic creation.
Resumen
Este artículo propone una reflexión en torno a las nuevas posibilidades de representación facilitadas por la programación como lenguaje de creación artística, basándose en el concepto de « álter retrato » desarrollado por el fotógrafo Martín Sampedro y el análisis de dos creaciones de arte digital : los vídeos LATEИTE (2018) de Martín Sampedro y Metaversal drawing (2017) de Ray Gropius.
Table des matières
I. L’álter-retrato révélateur d’identité : une expansion transhumaineII. L’álter-retrato constructeur d’identité : une (re)créationIII. L’álter-retrato brouilleur d’identité : l’ego morceléConclusion
Texte intégral
1 Les nouvelles technologies, notamment la création d’images virtuelles en 3D ou plus récemment les images de réalité augmentée, modifient notre façon d’appréhender le réel. L’utilisation des TIC1dans le domaine de l’art permet ainsi de nouvelles possibilités de création d’images et donc de représentation. L’analyse des vidéos LATEИTE (2018) de Martín Sampedro et Metaversal drawing (2017) de Ray Gropius, à partir du concept de álter-retrato développé par Sampedro et qui faciliterait, par la création de personnages virtuels, la représentation « d’autres dimensions de notre existence » (Sampedro, 2015, p. 10), nous amènera à questionner l’appropriation, par ces artistes contemporains, des nouvelles possibilités de représentation offertes par la programmation en tant que médium de création artistique. Un « alter-portrait », né du progrès technologique, expansion contemporaine des capacités de représentation des individus, qui permettrait, selon Sampedro et Gropius, d’entrevoir dans la transparence de modèles mis à nus, au-delà de la représentation spéculaire superficielle, la matérialisation des images produites par notre « caméra subjective » (Sampedro, 2015, p. 10), celle de l’inconscient, mais qui s’avère tout à la fois révélateur, constructeur et brouilleur d’identité(s).
2 Martín Sampedro et Ray Gropius se présentent comme deux artistes contemporains qui se consacrent, selon leurs propres termes, au Computer Art, c’est-à-dire aux créations graphiques combinant art, design et technologies. L’appellation Computer art, qui désigne l’art fait à l’ordinateur, remonte aux années soixante. À partir des années 2000, suite au développement des technologies de simulation, sont plus volontiers employées des expressions telles qu’« art virtuel », « cyber art » ou désormais « art numérique » pour qualifier « toute œuvre d’art réalisée à l’aide de dispositifs de traitement automatique de l’information » (Couchot, Hillaire, 2003, p. 38).
3 Ray Gropius, dont le nom d’artiste convoque ceux de Walter Gropius, architecte designer fondateur du Bauhaus, et de Man Ray, photographe et réalisateur dadaïste et surréaliste, est un artiste qui ne communique que via Internet sans publier toutefois de données personnelles2. Il a réalisé de nombreuses vidéos qui sont autant de travaux hybrides mêlant dessins, photographies et images virtuelles, dont Metaversal drawing, réalisée en 2017, que nous avons retenue pour cette étude. Cette vidéo présente un enchainement de modèles et structures constitués d’un réseau de lignes et de points basé sur des calculs mathématiques complexes. Ce processus permet la représentation, toute en transparence et superpositions, d’éléments artefactuels (êtres humains, animaux, objets, plantes, parties de corps humains…) nés de l’imagination créatrice de l’artiste.
4 Martin Sampedro, est considéré comme le précurseur du Copy Art3 dans les années quatre-vingt et l’un des pionniers de la photographie numérique, en Espagne. Photographe publicitaire de formation, il a reçu plusieurs prix internationaux4. Il a fréquenté assidument le studio du portraitiste de la Movida5 et prix national de la photographie 2006, Pablo Pérez Mínguez, qu’il amènera à la photo numérique à travers le projet Íconos PPM en 2010. La vidéo intitulée LATEИTE existe sous plusieurs versions notamment une version longue6 qui présente le catalogue de l’exposition photo LATEИTE, et une version courte7 réalisée en 2018, reprenant ces mêmes clichés accompagnés d’un poème écrit et lu par le poète argentin Leandro Taub, qui est celle retenue dans notre corpus. Ces vidéos sont réalisées à partir d’une exposition de photos éponyme présentée à la Galerie Mondo8, qui commence par une série de portraits individuels, puis met en scène des représentations d’histoires sexuelles (mise en scène de pratiques sexuelles) et sociales (corps malades, vieillissants, mutilés, amplifiés, stéréotypes), avant de s’achever sur une œuvre magistrale intitulée El rapto de Europa. Sampedro utilise lui aussi les nouvelles technologies à travers la conception numérique des personnages représentés sur les photos et sur la vidéo (à l’exception des deux personnes âgées qui apparaissent à la fin, à l’entrée d’une grotte) mais aussi par l’invitation faite au public de révéler lui-même des images présentées sous l’apparence de négatifs, grâce à son smartphoneet à un tutoriel pour iPhone et Android qui permet de préparer l’appareil à cette révélation.
I. L’álter-retrato révélateur d’identité : une expansion transhumaine
5 Les vidéos de Gropius et Sampedro posent la problématique de la représentation dans l’art à partir de l’outil numérique, et notamment de la représentation de l’individu. Elles prolongent les réflexions antérieures des photographes autour de la difficulté de réaliser, à l’aide de la photo argentique, un portrait qui ne soit pas uniquement ressemblant mais aussi représentatif de l’identité et de la personnalité du modèle, notamment grâce à la possibilité d’intervenir sur le cliché à travers le choix de l’exposition, des couleurs, de la mise en scène, de certains effets spéciaux (variation de focale, flou) et de retouches en laboratoire. Ainsi le photographe Pablo Pérez Mínguez, dont les travaux ont fortement influencé Martín Sampedro, soulignait-il9 que la photographie, qui ne représente pas la réalité parce que la réalité n’existe pas et qu’il faut l’inventer, doit montrer « les entrailles » du modèle en parvenant à franchir ce qu’il appelait « les trois montagnes » : la montagne esthétique, la première, à laquelle tout le monde accède avec facilité ; la seconde, qui implique un effort à la fois de la part du modèle afin de se livrer sans retenue ni tabou et du photographe pour amener se dernier à surmonter ses réticences et à se dévoiler sans filtre, renferme la laideur et représente la chambre noire où personne ne veut aller et qu’il faut atteindre en pleurant, avec un tatouage douloureux, un vêtement déchiré… Et enfin la troisième où la magie opère, lorsque la beauté et la laideur se rejoignent. C’est pourquoi il considérait le portrait comme « une réinvention » impliquant une « déconstruction » préalable à la « reconstruction » c’est-à-dire à la mise en lumière de ce que chacun cache en lui. Pour le photographe Alberto García Alix, dont les premiers clichés illustrent également la Movida madrilène dont ils révèlent le côté sombre, l’appareil photo est un médium puissant et redoutable car il « oblige à regarder », à questionner ce que l’on est réellement en train de voir, permettant de relever le « défi de la pression de l’indicible qui veut être dit » (García Alix, 2008, p. 234), de « mieux comprendre et de s’approcher de la limite » pour révéler ainsi des « présences invisibles » (García Alix, 2008, p. 99). Ces deux réflexions soulignent la fonction de « révélation » de la photographie argentique à travers la capacité du photographe à « révéler », au propre et au figuré, l’image qu’il souhaite donner de ses modèles. Une révélation de l’intime, du caché, de l’enfoui qui semble être la quête ultime du photographe, parfois vaine, et qui apparait comme laborieuse car demandant une totale implication à la fois du sujet et du photographe. Ces considérations relativisent « l’effet de réalité » (Marin, 1994, p. 242) associé à la photographie qui, réduite au simple reflet de l’apparence extérieure du sujet ou de l’objet, ne donnerait qu’une représentation incomplète ou imparfaite du modèle.
6 Ce même désir de montrer l’invisible hante les productions vidéo de Martín Sampedro et de Ray Gropius, et particulièrement les deux travaux retenus dans notre corpus qui tentent, par le recours aux nouvelles technologies, de parvenir à dépasser la fonction de miroir et de représentation que l’on voudrait fidèle de l’image rétinienne à laquelle a souvent été réduit le portrait iconographique (peinture, pastels du XVIIe, photos d’identité…). Le numérique, en proposant de nouvelles possibilités de création, contribue en effet pleinement à ce que Couchot et Hillaire définissent comme « une crise de la représentation » et du « modèle de l’art hérité d’Aristote et qui veut que l’imitation, la mimèsis, en constitue le sens et la fonction la plus haute » (Couchot, Hillaire, 2003, p. 16-17). Cette remise en question commencée dès le début du XXe siècle serait également une crise du progrès. La question posée par Pérez Mínguez, García Alix et désormais Sampedro et Gropius, est donc de savoir ce que l’on entend représenter lors de la réalisation d’un portrait, qu’il s’agisse d’images fixes révélées dans l’obscurité du laboratoire ou d’images numériques, créées par ordinateur et bien souvent animées.
7 La vidéo LATEИTE commence ainsi par un portrait en négatif, flou, avant que ne se fasse la mise au point ; puis s’enchainent divers portraits, toujours en négatif, qui finissent tous par une focalisation au niveau du regard. Apparait ensuite le reflet déformé des visages d’un couple se regardant dans une boule de cristal, qui passe soudainement du négatif au positif. La présentation d’un corps féminin difforme, doté de huit seins, marque le passage à la couleur et le début d’un voyage à l’intérieur de ce corps, qui se morcèle et dans lequel nous fait pénétrer un couple de décharnés que nous suivons jusqu’au cœur de la matrice, dans un utérus dont les parois renvoient des images de couples nus, en négatifs, de corps féminins offerts et de corps masculins en érection. Ces corps ont une plastique parfaite et appellent au désir, tout comme ceux présentés dans la vidéo Metaversal drawing de Gropius dans laquelle se mêlent des paysages, des édifices, des objets, des animaux et des êtres humains formés d’éléments géométriques de treillis, tout en transparence.
8 Nous retrouvons dans ces deux vidéos les mêmes textes sémiotiques : extérieur/intérieur, surface/profondeur, transparent/opaque, lumière/obscurité, déconstruction/reconstruction, caché/révélé, négatif/positif, associés à la notion de pénétration. Elles posent ainsi la question de la représentation en opposant la représentation miroir, orientée par des canons esthétiques, et la représentation de la personnalité, cette lutte intérieure entre les pulsions et les contraintes culturelles. Ainsi les portraits de LATEИTE à la plastique parfaite et à qui sont attribués des noms grecs, ou les Bimbos représentées par Gropius, non différenciables des poupées qu’il présente dans leur boite d’emballage illustrent une image stéréotypée répondant aux canons d’une époque. Ce questionnement sur la représentation rejoint les travaux de Pablo Pérez Mínguez qui souhaitait à travers un processus de « désétiquetage10 » supposant la mise à nu du modèle et sa libération des conventions sociales, libérer la photographie espagnole du simple effet de réalité afin de révéler une identité refoulée, inhibée par l’uniformisation et les valeurs morales. C’est pourquoi il comparait son studio au cabinet du docteur Freud dans lequel les modèles se limpiaban de leur ego et du narcissisme notamment grâce au regard hypnotique11 de la caméra. La personnalité, selon Freud, est structurelle et organisée autour du Moi qui propose des objets de satisfaction et refoule les désirs inacceptables. Il est l’intermédiaire entre le Ça, constitué des forces pulsionnelles et régi par le principe de satisfaction du plaisir, et le Surmoi qui représente les interdits intériorisés, l’influence de la norme ou des lois issues de l’éducation et de la culture. Le Moi, n’est donc pas observable au sens où il échappe à notre vue et à la représentation photographique. C’est pourquoi Sampedro et Gropius tentent, par la création d’avatars et l’utilisation d’un ersatz d’imageries médicales, de pénétrer le non-conscient et de représenter des pulsions archaïques animées par la satisfaction d’un désir non refoulé. La multitude d’images de pénétration, d’érections et d’utérus proposées dans LATEИTE, de femmes transparentes et d’un utérus dans Metaversal drawing, ne serait alors que la représentation fantasmée de la fin de la castration imposée par le Surmoi. Cette pénétration virtuelle au plus profond de la matrice, jusqu’à la grotte, afin de faire remonter l’invisible à la surface, signifierait non seulement rendre présents (du latin repraesentare « mettre devant les yeux ») le refoulé, les interdits, mais les identifier en les exhibant, selon la définition que Louis Marin donne du verbe « représenter12 ». Version contemporaine du cadavre exquis, des collages et de l’écriture automatique pratiqués par les surréalistes, mais surtout des œuvres photosensibles de Man Ray dont on note l’influence dans la vidéo de Gropius, la réalité virtuelle deviendrait le médium de la révélation du non-conscient, donc une expansion des limites des capacités humaines et de l’individu lui-même, comme le souligne le titre du poème de Leandro Taub qui accompagne LATEИTE : « Martín Sampedro, un guerrero que permite nuestra expansion ». L’álter-retrato, celui qui simule cet autre moi enfoui, serait une représentation nettoyée de toutes les contraintes culturelles inhibitrices et la représentation d’un homme exubérant, déchargé du poids de la culpabilité mais aussi de par sa réalité numérique, de son caractère de mortel ; un homme augmenté et immortel, transhumain. L’artisan de ce que Sampedro définit comme une « nouvelle photographie », une « photographie fantastique », un « réalisme magique » et même un esperpento en référence à Valle-Inclán, véritable créateur d’images, aurait désormais le pouvoir d’aller au-delà de la réalité pour explorer et représenter ce qui jusqu’alors était irreprésentable, cet invisible recherché par Pérez Mínguez et García Alix : l’álter-retrato. Ces représentations peuvent apparaitre, de fait, comme plus complètes puisqu’elles dépassent la « première montagne », qui est celle de l’esthétique et de l’apparence physique. L’image virtuelle traduirait alors une représentation subjective que chacun se fait de son identité et qui demeure souvent inconsciente, sans autre possibilité d’expression. Elle matérialiserait ainsi, selon Sampedro, les images du film de notre caméra subjective :
Los recuerdos, los conceptos y los sentimientos tienen la apariencia de una fotografía, aunque no interceda la cámara ni se pulse un disparador para capturar el instante. Lo que creemos hacer de forma consciente, lo hace nuestra mente con naturalidad de forma inconsciente, sin cámara, revelados ni retoques. La cámara subjetiva siempre va encendida, trabajando en crudo para entregarnos algo no meramente retinal ; de ahí mi vocación impura de cocinar las imágenes para extremar la subjetividad. (…) Por fin podemos fotografiar lo inexistente, elevar la mirada más allá de lo evidente y construir una realidad sin miedo al derrumbe. (Sampedro, 2015, p. 11)
9 De même Gropius cherche-t-il, à travers ses meta-dibujos à « révéler, comme à travers l’usage d’un rayon X, les besoins, les croyances et les fantasmes de la société contemporaine, à synthétiser les désirs conscients et inconscients13 ». En ce sens, l’utilisation de la lumière est particulièrement intéressante dans ces deux créations. Dans Metarversal Drawing les images sont créées à partir de faisceaux lumineux sur un fond qui peut varier mais qui finit toujours par s’éclaircir pour devenir rose pastel afin de permettre le jeu de la transparence. Dans LATEИTE, les portraits sont présentés sous forme d’épreuves négatives, c’est-à-dire aux valeurs chromatiques inversées par rapport à l’image d’origine, qui est l’image rétinienne. L’épreuve négative correspond, en photographie, à un « artefact réellement obtenu dans la chambre noire » (Frizot, 1998, p. 1), artefact qui disparaît dans le processus de création d’images virtuelles. Paradoxalement la couleur apparait généralement, dans LATEИTE, dans les clichés révélant l’intérieur du corps humain. Sampedro procède ainsi à une inversion de la perception naturelle qui associe d’une part couleur-lumière et positif, et d’autre part gris-obscurité et négatif, la lumière étant ici associée à la représentation de l’intérieur et l’obscurité à celle de l’extérieur. Une mise en lumière qui est laissée chez Sampedro au désir et à la responsabilité du public qui peut choisir, ou non, de révéler les images négatives grâce à son smartphone, d’où le titre de la vidéo, LATEИTE, qui s’applique à ce qui existe sans être apparent mais qui peut à tout moment se manifester. Dans le domaine de la photographie, plus précisément, cet adjectif définit l’image portée sur une surface sensible en attente d’un traitement pour devenir apparente. Mais il est intéressant de remarquer qu’il est aussi utilisé en biologie afin de désigner un caractère virtuel dont la manifestation est momentanément bloquée. C’est ce que signifie le и inversé de LATEИTE, qui représente l’inverse, l’autre côté des choses, tout en rendant hommage à la revue Nueva LEИTE, grâce à laquelle Pablo Pérez Mínguez et Carlos Serrano envisageaient, en 1971, de libérer la photographie espagnole de l’unique fonction qu’elle assurait sous la dictature, à savoir, selon Pablo Pérez Mínguez « répertorier l’existant ». Les nouvelles technologies participeraient donc à l’utopie transhumaniste de l’humain augmenté en donnant à l’homme, au-delà du recours aux prothèses et autres compléments repoussant les performances physiques du corps humain, la capacité de représenter, donc de rendre présent, l’invisible, le non-conscient.
II. L’álter-retrato constructeur d’identité : une (re)création
10 Ces deux vidéos ne reposent pas sur l’effet miroir de l’image photographique puisqu’elles présentent des objets ou des individus créés par ordinateur, sous la forme de négatifs (Sampedro) ou de maillages filaires14 (Gropius). Dans les deux cas, il s’agit de représentations incomplètes qui demandent à être révélées (pour les négatifs) ou achevées (pour les structures), revendiquant par là-même le fait de n’être que des constructions et non une image spéculaire respectant au plus près la réalité. Il s’agit là d’un parti pris qui rejoint celui de Pablo Pérez Mínguez pour qui la réalité n’existe pas et doit être créée. Bien que les techniques numériques utilisées par Sampedro et Gropius soient différentes, tous deux nous transportent dans des univers peuplés d’hommes et de femmes nus ou réduits à l’état de maillages, dont la plastique correspond aux canons mis en avant dans la presse people ou pornographique, dans laquelle la réalité des corps est désormais une réalité virtuelle, réinterprétée grâce à divers procédés de modification de l’image. Ils insistent ainsi volontairement sur l’aspect factice des images, créées puis diffusées grâce aux nouvelles technologies de la communication, qui modifiées, manipulées ne correspondent en rien à la réalité. Le portrait que le sujet représenté et l’artiste créateur vont proposer, est désormais une image recréée en fonction de l’intention des deux auteurs qui disposent d’une infinité de possibilités pour représenter ce qui va être une interprétation du modèle et non plus une restitution spéculaire. De fait, on peut opposer à Sampedro que ces représentations de l’inexistant ou du non-conscient restent bel et bien des constructions intellectuelles. Tout comme la photo argentique est construction, on passe ici de l’empreinte lumineuse à l’échafaudage d’un modèle par algorithmes, autrement dit à un façonnage qui rapproche le travail de création numérique en 3 D de celui du sculpteur.
11 Les nouvelles technologies font dès lors des représentations de véritables constructions, des re-créations chargées des intentions conscientes et inconscientes du sujet représenté et de l’artiste représentant, ou du seul artiste lorsqu’il représente un objet. Pour constituer ces « alter-portraits », et ces « meta-dessins », Sampedro et Gropius vont chercher matière au plus profond de l’individu. Tous deux nous invitent ainsi à pénétrer à l’intérieur même des modèles, à travers des jeux de transparence, de superpositions ou d’exploration. Le concept d’immersion n’est pas à prendre ici au sens que lui attribuent les techno-sciences à savoir, avec un angle de vue à 110° comme le permettent les masques de réalité virtuelle, malgré le titre Metarversal drawing qui convoque le terme de « métavers15 » (contraction de l’anglais meta univers) qui sont des univers virtuels immersifs qui ont un niveau élevé d’interactivité grâce à l’utilisation d’avatars, c’est-à-dire d’alter ego virtuels. Il s’agit ici d’une plongée dans un univers inaccessible à la vue, l’image rétinienne s’arrêtant à la surface des objets. Pour cela, les univers créatifs de Gropius et Sampedro empruntent à l’imagerie médicale : les oscilloscopes permettant de visualiser une tension électrique et les impressions de prothèses en 3D chez Gropius ; la radiographie, l’endoscopie, les corps décharnés, le scanner ou autres procédés permettant une vue en 2 ou 3 dimensions de l’intérieur du corps, chez Sampedro. Les corps représentés sont à la fois des corps sains, à la plastique parfaite, mais aussi des corps mutilés auxquels on a retiré un sein, augmentés de deux bras ou de six seins supplémentaires, ou malades comme le laissent entendre des taches noires rappelant, sur certains, les symptômes du VIH.
12 Fruits de ces reconstructions, les corps proposés par Sampedro apparaissent ainsi comme recomposés, amputés, augmentés, écorchés ou superposés. Ceux des personnages de Gropius, faits de connexions filaires, dévoilent les organes ou les structures osseuses internes d’individus qui, telles des poupées russes, renferment plusieurs corps en un dans lesquels sont incrustés des bijoux et autres compléments vestimentaires. Le résultat de ces reconstructions, représentations supposées d’un non-conscient qui ne serait plus censuré, donne libre cours aux fantasmes : des corps à l’esthétique parfaite ou au contraire, aux organes diminués, augmentés, multipliés, se pliant sans inhibition à toutes les pratiques sexuelles. Elles illustrent les principes du transhumanisme selon lesquels l’homme serait un être transitionnel, en constante évolution, composé d’éléments modifiables, chaque individu devenant « son propre entrepreneur, le constructeur de son corps » et le vivant, « une simple affaire de connexions » (Damour, 2015, p. 42) comme le matérialisent précisément les structures dites « de connexions » utilisées par Gropius.
III. L’álter-retrato brouilleur d’identité : l’ego morcelé
13 Apparaissent également, en surimpression sur la vidéo, des mains colorées qui essaient de saisir cet inexistant recherché par García Alix et Pérez Mínguez, qui semble désormais à portée de main grâce au numérique, mais qui reste insaisissable, les représentations, multiples et fugaces, défilant sans cesse à l’écran. Car ces deux vidéos nous donnent une vision dynamique de la représentation des sujets qui deviennent fluides, ce qui correspond à l’utopie transhumaniste qui voudrait, selon Franck Damour, que l’identité ne soit « pas claire, incarnée, mais flottante, sans limites précises […] l’expérience que le moi ne coïncide pas avec un seul état de son corps » (Damour, 2015, p. 83), conduirait à la « déconstruction du sujet ». Plus que de simples représentations, il s’agit ici de manifestations d’identités mouvantes et changeantes : les corps qui fusionnent et les morceaux de corps insaisissables semblent annoncer une désintégration identitaire rendant impossible toute identification, génératrice de malaise et d’égarement, à l’instar de ces individus roses et bleus, aveugles dans LATEИTE, qui cherchent leur chemin, désorientés, alors que les personnages fugaces de Metaversal drawing donnent l’impression d’être créés instantanément par des faisceaux lumineux sous les yeux du spectateur, avant de s’effacer pour laisser place, continuellement, à d’autres formes. Il est établi depuis Freud et Lacan, que l’identité du sujet se construit en fonction du regard de reconnaissance de l’autre. Or depuis l’essor du numérique, la communication passe par l’exposition permanente sur les réseaux sociaux de photos illustrant chaque instant de la vie de l’individu connecté qui « partage » une multitude de représentations de lui-même dans l’espoir de recevoir en retour le plus grand nombre de like, de félicitations ou d’encouragements possible. Vive est alors la tentation de diffuser une image améliorée de soi-même, voire d’échanger sous plusieurs identités, créant ainsi cette représentation de soi plurielle et changeante et souvent fausse, dénoncée dans ces vidéos, comme l’explique Sampedro : « El arte de hoy, con todo el fenómeno de las redes sociales, ofrece la auto afirmación del individuo, escondiendo en realidad una perversa maquinaria de auto-censura y castración16». La représentation que l’individu donne de lui-même et à partir de laquelle il s’identifie, n’est plus uniquement celle restituée par le miroir mais celles, plurielles, fantasmées et changeantes qu’il crée et diffuse à la recherche d’une viralité17 maximum. C’est ainsi qu’il se crée un alter ego ou plus précisément un alter-portrait, une identité numérique découlant selon Rémy Potier, d’un « rapport à l’altérité tout à fait singulier et nouveau, portfolio de collections d’amis venant signifier une popularité » (Potier, 2012). Les représentations peuvent ainsi être trompeuses et proposer des identités non seulement falsifiées mais aussi multiples, qui sont autant de manipulations du réel et de sources d’angoisse pour l’individu connecté. Pour Couchot et Hillaire, la représentation du « sujet contemporain, nomade ou “expansé” sur l’Internet » pose la question de l’identité et de l’altérité, puisque relevant « de plusieurs régimes d’appartenance », il ne connaît de lui « qu’une image fragmentée, morcelée, voire, comme c’est le cas avec les avatars, une identité d’emprunt » (Couchot, Hillaire, 2003, p. 51-52). Aux corps morcelés et fuyants s’ajoutent, dans les vidéos de Sampedro et Gropius, des références au mythe de la Caverne qui alertent précisément sur la manipulation des représentations et les faux semblants. Les premières images de Metaversal drawing représentent des neurones puis une activité cérébrale alors que la bande-son, empruntée au groupe The Architect18, compare les images et les pensées à des personnages évoluant sur une scène de théâtre à l’intérieur de la boite crânienne. Ce qui suit serait donc à lire comme le produit de cette activité cérébrale. Le début de cette vidéo est à mettre en relation avec la fin de la vidéo de Sampedro, lorsque le couple de décharnés ressort de l’intérieur du corps et débouche au fond d’une caverne, métaphore de l’allégorie de la Caverne de Platon19, lieu d’images déformées, de reflets de la réalité, illusion dans laquelle vivent les hommes prisonniers de leurs croyances. La vidéo s’achève sur l’image non virtuelle d’un homme et d’une femme, âgés, assis à l’entrée d’une grotte. Il dénonce ainsi ce monde saturé d’images composées ou rectifiées qui selon Couchot et Hillaire « ont envahi à ce point notre environnement quotidien qu’elles finissent par faire écran à notre vue » (Couchot, Hillaire, 2003, p. 53).
14 C’est avec cette même grille de lecture que doivent être abordées les représentations de personnalités politiques que l’on trouve dans chacune des vidéos : le mausolée transparent de Lenine, un volumineux Trump débordant de son fauteuil dans le bureau ovale et un Anonimous dont le visage s’avère être similaire au masque censé le cacher dans Metaversal Drawing ; un morphing mêlant Hitler et Einstein, et une interprétation de l’Enlèvement d’Europe avec des corps noyés sous la lumière de projecteurs, dans LATEИTE. Une critique des faux semblants et de la manipulation du discours politique que l’on retrouve également dans d’autres œuvres de Sampedro comme The real fake20 interrogeant sur la réalité du mensonge, Bandera de España contemporaine des événements du 15-M et du mouvement des Indignés en Espagne en 2011, et qui laisse apparaitre le vrai Madrid à travers un trou découpé dans le drapeau espagnol ou encore la série Sangre azul réalisée en 2013 lorsque la famille royale espagnole traverse une crise inédite :
Cuando comenzó esta última crisis económica y política en España, me dije : por el comportamiento de los políticos y la corrupción, tiene toda la pinta de que en esta gran familia, la culpa sea del padre. Poco después encontraron al padre, cazando elefantes. Así el Rey abdicó, acorralado por las miserias de una ejemplar familia desestructurada21.
15 C’est ainsi que Sampedro nous présente un roi aux oreilles d’éléphant assis sur un trône pastèque qui finit par exploser, comme dans le conte de Cendrillon lorsque les douze coups de minuit mettent un terme aux faux semblants et que le carrosse redevient une simple citrouille.
Conclusion
16 Paradoxalement, donc, les images virtuelles deviennent chez Gropius et Sampedro un moyen d’alerter sur la manipulation des représentations : en révélant tout d’abord ce que nos yeux ne sont plus capables de discerner, aveuglés qu’ils sont par les images que les marionnettistes contemporains (les médias, la publicité, les politiques) nous proposent ; en dénonçant la représentation falsifiée de nous-mêmes que nous créons sur les réseaux sociaux dans lesquels n’apparaissent finalement que nos propres avatars, fruits du dictat des normes culturelles et traduction d’une autocensure castratrice. En invitant enfin, au contraire, à ouvrir le champ d’utilisation de la réalité virtuelle, au-delà de la science-fiction et de la manipulation, vers un usage virtuellement intrusif, facilitant la représentation de l’invisible, de l’indicible, et donc, paradoxalement, d’une autre réalité. Utiliser, comme le revendique Sampedro, « le post-humanisme en représentant l’humain par des êtres non humains pour attirer l’attention des supposés humains ; le fake en se servant d’éléments artificiels pour représenter la réalité et capter l’attention d’un interlocuteur réel ; des machines pour nous exprimer parce que nous sommes déjà des robots dirigés par des machines qui surveillent nos mouvements et nos pensées prévisibles qui, malgré une apparente auto-affirmation, manquent d’individualité22 ».
17 Une invitation à la défiance vis-à-vis des apparences, qui nous conduit à nous demander jusqu’à quel point, Sampedro et Gropius jouent avec les faux semblants et pourraient aussi se jouer de leur public, tant leurs intentions sont semblables, même si leur style est différent. Au point de proposer, pourquoi pas, une expansion virtuelle d’un seul et même artiste à l’identité numérique morcelée, mais dont la réalité se verrait augmentée de toutes les possibilités déculpabilisantes et désinhibitrices offertes par une « alter-représentation » ?…
Bibliographie
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García Alix, Alberto, De donde no se vuelve, Madrid, La Fábrica, 2010.
García Alix, Alberto, Moriremos mirando, Madrid, La Fábrica, 2008.
Marin, Louis, De la représentation, Paris, Galimard, Le Seuil, 1994.
Ouvrage collectif, « Le transhumanisme », Éthique, politique, religions, 2015-1, n° 6, Institut de Recherche philosophiques de Lyon, Paris, Classiques Garnier, 2015.
Potier, Rémy, « Facebook à l’épreuve de la différence. Avatars du narcissisme des petites différences », Topique, vol. 121, n° 4, 2012, p. 97-109.
Potier, Rémy, « Imagerie médicale et art contemporain, rencontres autour d’un corps virtuel », Recherches en psychanalyse, Psychanalyse, corps et Société, Université Paris 7- Denis Diderot, 2011/2, n° 12, p. 130-139.
Sampedro Martín, « La esfera mágica, LATEИTE » introduction au catalogue de l’exposition, LATEИTE, En el sueño de seres invisibles, vol. 1, Madrid, Estudio Sampedro, 2015, p. 10-13.
Notes
1 Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication.
2 Il n’indique aucune donnée biographique et mentionne uniquement un studio qui se situerait à Florence, en Italie.
3 Appelé également XeroxArt. Mouvement qui apparait aux États-Unis dans les années 60 et se développe dans les années 70, puis en Europe dans les années 80, et qui consiste à détourner l’usage des photocopieurs pour créer des œuvres d’art.
4 Martín Sampedro, né à Santander en 1966, est un photographe autodidacte qui s’est formé notamment auprès du photographe madrilène Pablo Pérez Mínguez. Il a dirigé le Taller Escuela de Fotografía « El Matadero » de la Fondation Colegio del Rey tout en travaillant pour des agences publicitaires. En 1992, il est sélectionné pour la Muestra de Arte Joven. Il reçoit plusieurs prix internationaux pour ses campagnes publicitaires notamment pour celle du Turismo de Europa en 1993, du Turismo de Andalucía en 2001, de la lutte contre le Sida à l’initiative de la COGAM, ainsi que pour les publicités qu’il réalise pour les marques Terra, Kodak, Ford, Toyota, Hyundai, Kia, Mercedes et Jaguar, qui font de lui un des photographes les plus reconnus dans le domaine de la photographie automobile.
5 Phénomène socioculturel qui apparait à Madrid à la mort du général Franco et signifie le réveil culturel de l’Espagne après 40 ans de dictature.
6 Martín Sampedro, LATEИTE, el libro. À voir sur vimeo.com.
7 Martín Sampedro, Leandro Taub, LATEИTE. Martín Sampedro, un guerrero que provoca nuestra expansión. Version courte réalisée pour le XVIIe Congrès de l’Institut International de Sociocritique, Montpellier, juin 2018 ; https://www.martinsampedro.com.
8 Exposition du 14 octobre au 07 novembre 2015, Mondo Galería, Madrid.
9 Entretien avec l’auteure, le 07 avril 2011, Madrid.
10 Idem.
11 « Lo hipnótico es lo estético », Fototexto de Pablo Pérez Mínguez.
12 « Représenter signifie d’un côté substituer un présent à un absent […]. Mais il existe une autre signification selon laquelle représenter signifie exhiber, montrer, insister, présenter en un mot une présence. Dès lors c’est l’acte même de présenter qui construit l’identité de ce qui est représenté, qui l’identifie ». (Marin, 1994 : 254-55).
13 Raygropius.com
14 Les maillages filaires permettent, en infographie tridimensionnelle, de représenter des objets tridimensionnels organisés en polygones, sous forme de fils.
15 Le terme de « métavers » est utilisé par Neal Stephenson dans son roman Le Samouraï virtuel en 1992, où il désigne un boulevard imaginaire auquel le personnage principal peut accéder par l’usage de lunettes de réalité virtuelle.
16 Entretien avec l’auteure, le 15 mars 2018.
17 Propagation de l’information sur les réseaux sociaux.
18 The Architect, « Les Pensées », album Foundations, 2013.
19 La République, chapitre VII.
20 Exposition collective « The Real-Fake.org 2.0 », 19 novembre-17 décembre 2016, BronxArtSpace, New York.
21 Entretien avec l’auteure, le 15 mars 2018.
22 Entretien avec l’auteure, le 10 mars 2018.
Pour citer ce document
Magali Dumousseau Lesquer, «Réflexions autour du concept de álter-retrato dans l’art numérique à partir de l’analyse des vidéos LATEИTE (2018) de Martín Sampedro et Metaversal drawing (2017) de Ray Gropius.», Sociocriticism [En ligne], XXXIV 1-2, 2019, mis à jour le : 19/04/2020, URL : http://revues.univ-tlse2.fr/sociocriticism/index.php?id=2822.
Quelques mots à propos de : Magali Dumousseau Lesquer
Magali Dumousseau Lesquer est agrégée d’espagnol, MCF en civilisation contemporaine espagnole à l’Université d’Avignon. Spécialiste de la culture underground madrilène des années 80 à laquelle elle a consacré une thèse et une vingtaine d’articles, ses publications portent sur les pratiques artistiques alternatives (musique punk rock rap, BD, peinture, cinéma, mode, photo, art numérique) en période de crises politiques, sociales ou économiques en Espagne, et s’articulent autour des notions d’identité, marge, patrimoine, transgression, politique et mémoire. Rattachée au laboratoire ICTT de l’université d’Avignon, elle est également membre associé de l’IRIEC de l’université Montpellier III, du GRES de l’Université de Nîmes et adhérente du GRIMH de l’Université Lyon II. Principaux ouvrages : Agatha Ruiz de la Prada, Paris 1999-2014, Fundación Agatha Ruiz de la Prada, Madrid, 2014 ; La Movida, au nom du Père, des Fils et du Todo Vale, Le Mot et le Reste, Marseille, 2012.
Un buen despertar para un feliz día.
Cada nuevo año nos invita a reprogramar pensamientos, circuitos, proyectos, activar turbinas y sueños, elevar el espíritu. La buena vida empieza un buen día.
Así responde el «Niño Kuántico» al silbarle por las mañanas: fuiu, fuiiuuu… silbar para pegarle esquinazo a la dictadura del tiempo, entornar bien los ojos al silbar, afinar la mirada interior, sonreir y dejar que las buenas ideas alumbren el supremo instante cotidiano. fuiu, fuiiuuuuuu…
Ya conoces el mantra, ¡Feliz día kuántico!
«Niño kuántico» By Martín Sampedro. Fotografía render. Impresión fotográfica 20 x 30 cm, Fujifilm Bright.
Felices fiestas, y próspero año nuevo 2018!
«ALËGRAME ESAS PASCUAS» Una alegría navideña de Javier Díaz-Guardiola en forma de exposición que nace de la convocatoria en la red. En esta nueva edición, con la participación de innumerables artistas, se presentarán las obras a la venta, el 29 de diciembre de 2017, en la galería de Factoría de Arte y Desarrollo en Madrid.
El “Cráneo de Cristo” By Sampedro es una forma ejemplar de proyectar la luz sin retenerla. Además de un signo de distinción para el coleccionista, este icónico “Cráneo de Cristo” hará las delicias del agnóstico, sirviendo de talismán para los más milagreros.
Cráneo de Cristo. By Sampedro. Fotografía render. Impresión fotográfica. Fujifilm Bright.

FOTO-ACTITUD / Pablo Pérez-Mínguez
Capítulo «Torero cordero, 1972. Pablo Pérez-Mínguez» del libro «50 fotografías con historia»
Texto y pies de fotos por Martín Sampedro
Probablemente Duane Michals, Les Krims, y Pablo Pérez-Mínguez fueran conscientes de que su complicidad a miles de kilómetros de distancia, contribuiría a la expansión de un nuevo lenguaje y por eso lo hicieran público en libros y revistas. Tal vez pareciera evasión lo que nacía de una incontenible necesidad de autoafirmación. Poner ante el espejo de la cámara la extravagante inercia de la aceptada realidad y obtener la premisa de algo que existirá; reinventar un mundo en el que reconocerse, y fotografiarlo antes de que emerja, probablemente.
Mientras Les Krims tomaba la famosa serie de fotografías de su madre desnuda preparando sopa de pollo Making Chicken Soup en 1972, Pablo Pérez-Mínguez fotografiaba su famoso icono el Torero Cordero. En esa imagen, llena de valor simbólico, que a mucha gente pareció graciosa, anecdótica o provocativa (superada la risa fácil, y vista con la suficiente perspectiva), me queda claro que los verdaderos anhelos de P.P.M. al tomar esta imagen fueran tan sinceros y pueriles como los de Les Krims al fotografiar a su madre cocinando con los pechos al aire. Puede que por aquellos tiempos en España muchos tuvieran que amamantarse con los pechos de una madre postiza, viajar a Biarritz para ver El último tango en París, apostarse la melena en los controvertidos Encuentros de Pamplona e imaginar a un hombre dando la espalda al arquetipo de macho forjado en cuarenta largos años de represión y dictadura franquista. Puede que muchos ansiaran otra vida, mientras la vida pasaba.
Las fotografías de Pablo Pérez-Mínguez tenían ya mucho más arraigo en la actitud de artistas internacionales que en los planteamientos fotográficos que yacían en España. Con su predicada Foto-Actitud, desde la revista Nueva Lente y su sección Nueva Fotografía, P.P.M., abrazaba a toda una generación de huérfanos que tendrían que inventar la nueva fotografía contemporánea española.
Pablo Pérez-Mínguez. P.P.M. (…el ‘Mítiko-fotógrafo-internacional’, ‘Pop’, ‘Kitch’, ‘Místico’, ‘Conceptual’, ‘Underground’, ‘Hapenning’, etc. etc.) «Pobre Pero Millonario, para los amigos», me dijo que, por los avances de la ciencia, su vida duraría hasta los noventa y cuatro años. Y que yo duraría hasta los ciento veinte. En esa convicción estuve, lleno de optimismo, hasta que unos meses más tarde, medio zombi, me cantara la canción Corazón contento de Palito Ortega y falleciera con tan solo sesenta y seis años. Tal vez suficientes para un humano, pero no bastantes para un robot que aspira a la eternidad. «Todo lo que he hecho en mi vida, lo he hecho para cuando muera.» Así de paradójico era P.P.M.; el hombre fiesta, aparentemente supersociable, era en realidad una de las personas más introvertidas que he conocido. Su mesa favorita de cualquier restaurante era la que le ofreciera las mejores vistas de cara a la pared. Ese desfase de vivir fuera de su tiempo, y aceptarse diferente, es la expresión más clara de su voluntad y lucidez de artista creador. Saber que el presente lo sería en el futuro gracias al clic de la cámara, fue su forma lúcida de desafiar al tiempo para transformarlo en Foto-Actitud.
El estudiante de ingeniería, que se hizo retratista por devoción a una fotografía de Joan Báez en blanco y negro tomada por Richard Avedon, no tuvo prejuicios para aberrar y emplear estridentes luces de colores con que retratar lo extraordinario. Así sucedió con la revista Nueva Lente y las fotografías de Su Movida, que ofrecían una visión de España que, no habiendo existido, proyectaba el futuro de su gente y se ganaba la posteridad. Cada una de sus selectas instantáneas transmutaron el presente en futuro.
P.P.M., con Foto-Actitud, un montón de máximas propagandísticas, y aforismos, se armaba para defender su sagrada excentricidad y diseminar el par imposible de su genética virtual; «Su Vida Misma». (1946-2012)
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A las cinco de la tarde.
Eran las cinco en punto de la tarde.
Un descampado cerca del aeropuerto de Barajas fue la localización perfecta por tener asegurado un buen rebaño de ovejas.
Para el “arte de luces” acudieron Carlos Serrano, alma gemela de Pablo (diseñador de la revista Nueva Lente), un niño trajo la blanca sábana, Blanca Luca de Tena atusó y ajustó la taleguilla al poeta Ignacio Gómez de Liaño, quien por derecho aceptó ser torero por un día, cinco antes de su encuentro con Luis de Pablo y Alexanco para tratar sobre su participación en los controvertidos Encuentros de Pamplona.
A todas éstas, David Bowie daba a luz a un extraterrestre llamado Ziggy Stardust, mientras Neil Young se ganaba el primer puesto de la lista estadounidense Billboard con su disco Harvest.
Yo, ajeno a semejantes acontecimientos, pasaba las tardes en los futbolines de mi pueblo escuchando las inteligibles canciones que ofrecía la rockola. Mari Trini decía no ser ésa, John Lennon imaginaba… la dulce Jeanette acusaba al mundo de haberle vuelto rebelde, Aguaviva, recien mudados a La Casa de San Jamás, llevaban ya un año proclamando el Apocalipsis.
¿Cómo podría yo imaginar que algún día tendríamos que hablar seriamente de aquel 29 de marzo de 1972?
¡Ay, qué terribles cinco de la tarde! Va por ustedes, con FOTO-ACTITUD.
Martín Sampedro. Ocho de marzo de 2017.
50 fotografías con historia se presentó el jueves 26 de octubre de 2017 en Madrid con la presencia de José María Díaz-Maroto, director de la Escuela Internacional PIC.A PHotoEspaña, reputado fotógrafo y comisario de exposiciones nacionales e internacionales, encargado de la selección de fotógrafos y obras presentes en el libro, y de Félix Fuentes, especialista en diseño editorial con una amplia trayectoria en proyectos vinculados al arte, que ha realizado la labor de redacción de textos y diseño editorial.
Os deseo un feliz Año Nuevo, lleno de novedades, éxitos, vitaminas para la mente y contagiosa felicidad.
t h e r e a l – f a k e . o r g . 2 . 0
November 19 – December 17, 2016 / Opening Reception: November 19, 4-7 pm Artist Panel: December 4, 2PM / Culture Trolley: December 7, 6-8PM
BronxArtSpace / 305 E 140 St, 1A /Bronx, NY 10454
La real-fake.org.2.0 es una versión actualizada y ampliada de la the real-fake.org, una exposición organizada por Rachel Clarke y Claudia Hart, que incluye el trabajo de 51 artistas de medios post-digitales comisariados por Rachel Clarke Y Claudia Hart a quienes se une ahora Patrick Reynolds.
La exposición original se estrenó en la Cal State Sacramento University Gallery en 2011 y fue acompañada por una página web que definía un medio nuevo e inusual para el momento, incluso en las artes digitales. La exposición recorrió Estados Unidos y mostró el trabajo de 20 artistas que utilizaron una serie de tecnologías de simulación en el el arte contemporáneo, como el espacio «xyz» artificial, la imagen / objeto sintético-no referenciado, o las cualidades específicas de la cámara virtual que lo registra.
Desde la primera exposición, los artistas que trabajan con simulaciones han puesto una pica en la prática de los medios contemporáneos. La actualización 2016, el real-fake.org.2.0 presenta las obras de 51 artistas contemporáneos de los medios – una lista que de ninguna manera es inclusiva. Producen imágenes fijas, animación, interactividad, escultura e instalación, usando la animación 3D como su principal medio. Al igual que sus predecesores – los video-artistas que adaptaron las tecnologías de la televisión para usos artísticos – estos artistas se han apropiado de la tecnología empleada en la producción de Juegos de disparos en 3D y largometrajes de Hollywood, rechazando o adaptando la estética y el contenido de la industria del entretenimiento, y aplicando el medio a la trayectoria de la historia del arte.
Muchos de estos softwares digitales simulan procesos naturales de la física y la biología el cine analógico y la fotografía. Estos artistas conscientemente aíslan y definen un lenguaje formal nativo de las simulaciones de lo Real, un sub-terreno dentro de una cultura digital contemporánea en expansión, e integran esos elementos en una variedad de estrategias artísticas contemporáneas que emergen de los discursos mediáticos y representativos, impactando en la fotografía, el cine experimental y las obras basadas en la instalación.
En 2011 era raro encontrar artistas involucrados en la práctica contemporánea que estuvieran seriamente inmersos en la exploración de gráficos computarizados de simulaciones. Desde entonces, la práctica se ha expandido y se ha convertido en una más amplia, cultura del arte contemporáneo. Los lengujess de estos 51 artistas emergen de áreas como la pintura figurativa o la abstracción y movimientos artísticos que van desde el surrealismo, el constructivismo, el pop art, cine de vanguardia o la animación experimental.
Desde 2011, “real-fake” los gráficos de computadora finalmente han borrado la posibilidad de considerar la fotografía y película como un espejo de la realidad, ya que los efectos especiales se han vuelto omnipresentes en la publicidad y el cine de Hollywood. El futuro del periodismo, ya que el reportaje objetivo ha sido amenazado por la televisión de la televisión “reality” y Fox television, y la vanguardia de las marcas de pseudo-noticias-de-entretenimiento. Actualmente vivimos en una cultura de bioingeniería donde una visión protésica del cuerpo humano hace converger el potencial de la cirugía estética con la tecnológica de un mundo de ciencia ficción en el que lo artificial se ha cruzado con lo real. Los límites que una vez percibimos entre lo físico y lo virtual se están viniendo abajo como nuestra exposición a las tecnologías de simulación se vuelve más ubicua.
Al frente de este cambio de paradigma, los artistas responden con una estética del fake. Este es el arte que cruza la freudiana «uncanny divide» (extraña división), creando en primer lugar una cierta de desorientación y cuestionamiento. ¿Podemos confiar en algo?. Nos adentramos en un espacio de locura, un espacio psicótico articulado por una cultura que ya no abarca la diferencia entre representación y la realidad. La realidad subjetiva y el objetivo se funden. Fantasy rules.

Artistas participantes:
AES + F, Morehshin Allahyari, LaTurbo Avedon, Sophie Kahn (en colaboración con Lisa Parra), Gregory Bennett, Tim Berresheim, Sean Capone, José Carlos Casado, Rachel Clarke, Shamus Clisset, Birch Cooper, Gero Doll, Mark Dorf, Carolyn Frischling, Joe Hamilton, Claudia Hart, Kurt Hentschlager, Kim Joon, Mark Klink, Alex Lee, Patrick Lichty, Locurto-Outcault, Cristina Lucas, Sara Ludy, Gerhard Mantz, Chris Manzione, Claudia Mate, Alex McLeod, Shane Mecklenburger, Rosa Menkman, Jonathan Monaghan, Brenna Murphy, Eva Papamargariti, Pappenheimer, Sabrina Ratté, Michael Rees, Patrick Reynolds, William Robertson + Alfredo Salazar-Caro, Benjamin Rosenthal, Nicole Ruggiero, Martin Sampedro, Ellen Sandor, Rick Silva, Keith Tolch, Katie rasgado, Matthew Weinstein, Ryan Whittier-Hale, Frank Yefeng Wang, nieve Yunxue Fu, Giselle Zatonyl, Zeitguised.
El real-fake.org.2.0 es una exposición de archivo. Las obras de 51 artistas han sido recolectadas de una serie de colecciones. La pagina web www.real-fake.org también ha sido ampliada y actualizada para incluir los ensayos originales que definen la práctica real-fake escritos por Claudia Hart y Rachel Clarke, y nuevos ensayos de Rachel Clarke, Patrick Lichty, y Patrick Reynolds expandiendo el lenguaje empleado para hablar del arte de las simulaciones con tecnologías que han estallado desde la primera exposición, incluyendo copias impresas, escultura, realidades virtuales y aumentadas.
www.bronxartspace.com
¿Por qué Dulcinea? Aldeana, maternal, femenina, marimacho, excéntrica, generosa, sumisa, insumisa, personalidad múltiple, personalidad única, naturaleza salvaje, seductora, facilona, inalcanzable, Emperatriz de La Mancha, Señora de sus Pensamientos… ¿Realidad o fantasía?.
Desconozco la fórmula del éxito pero sí entiendo que para que alguien se convierta en un icono ha de tener una composición física y química que desafíe los estándares y leyes de su tiempo. Se hace imprescindible tener un memorable nombre, mentor, biógrafo, fotógrafo, adeptos, detractores, afectados, críticos, Quijotes, Sanchos, …y fans que den fe.
Supongo que la simpleza y extraordinaria naturaleza de Dulcinea (Pin-up), resultó tan enigmática a los ojos de Don Quijote como la bruja Cenotia o Aldonza Lorenzo lo fueron a la mirada de Cervantes. Mujer milagrosa, bruja, aglutinante, explosiva; diferentes formas de buscarse y reconocerse ante el espejo; la mujer, la madre, el padre, el andrógino, los reflejos, las sombras, los misterios de la vida, …el devenir y sus circunstancias.
Con forma de mujer, símbolo de sus mas elevados ideales de amor, el hidalgo descansa de la batalla en un confortable horizonte de nubes platónicas.
Los ideales no se alcanzan con la vista sino con el corazón.
Madrid, 27 de abril de 2016. Martín Sampedro
Pieza de audio y vídeo: «Dulcinea Icónica» Vídeo Bucle 3´30. Autor: Martín Sampedro. Año: 2016
Proyección en sala o pantalla de alta resolución 4k con audio.
La obra «Dulcinea Icónica» se compone de una pieza de vídeo en bucle y fotografías impresas. Muestra una mujer heroína en continua transformación. Las idealizadas vasijas de espejo revelan las múltiples caras de la icónica personalidad de Dulcinea del Toboso. Con este audio-visual he tratado de ofrecer un paisaje onírico en el que dejar fluir la imaginación del espectador, a modo de mantra, sin mas pretensión que trasladarlos al espacio de la ilusión, los ideales y el sueño. Un confortable horizonte de nubes platónicas en el que proyectar nuestras propias ilusiones y anhelos. La obra ha sido realizada con fotografías, técnicas de creación 3D y posproducción de vídeo.
+ info sobre la exposición «Mil Caras de Dulcinea» Comisario: Ángel Agrela

«Tal vez el gesto de disparar el obturador de una cámara fotográfica sea la decisión consciente de atrapar algo memorable y embalsamarlo para su conservación como algo cierto. En cambio la verdad es latente, y la creación invención.»
En octubre de 2015 se presentó la exposición Latente en la galería Mondo de Madrid. Unos meses más tarde, la colección ampliada con la vídeo-instalación “El Rapto de Europa” y algunas otras fotografías del libro, se ha exhibido en la galería POST de Kaunas, Lituania. Es el principio de una itinerancia con la que confío ampliar los horizontes del sampedrismo y la Nueva Fotografía.
-Hijo, ¿pero por qué tan lejos? (dice mi madre).
Tiene razón al pensar que habrá costado esfuerzo llevar la exposición hasta allí, pero la satisfacción de ver la obra bien expuesta ante la mirada de cientos de personas ensimismadas, reinterpretando las imágenes con su teléfono móvil, es el mejor homenaje que se le puede hacer al mundo Latente. Ahora toca seguir trabajando para que la colección viaje a más destinos y se conozca internacionalMente.
Dar a luz una imagen supone un esfuerzo de auto-aceptación. La imagen se revela y te cuenta algo, tal vez del futuro si lo sabes interpretar. Cuando no sabes, basta con dejar pasar el tiempo para reconocer las señales. La fotografía, al menos en mi caso, ha sido el vehículo con el que la intuición me lleva a nuevos mundos, nuevas luces y nuevas formas de construir mi propia existencia. La Fotografía me da Vida.
Compartir la mirada, hacer físico lo virtual, materializar, monetizar, marco, cristal, embalajes, tele-transportación, expectación, reflexión. El proceso de mostrar imágenes colgadas de una pared es una experiencia que desafía al tiempo. ¿Aguantará esta imagen los años como los aguantaría el muro? Hay imágenes que tiran abajo las paredes y paredes que se comen a una imagen. ¿Cuáles son los criterios para determinar lo correcto? Por qué si o por qué no, es algo que tenemos muy claro rápidamente, de un vistazo, pero de obvio que es, no sabríamos decir el porqué. Esa tensión del ejercicio de exponer, hace a la imagen tan sólida como el propio muro que la sostiene. Así pasen los años, cuando una fotografía es icónica no quiere abandonar sus anclajes.
De la precariedad cultural, sus ministerios, los muros de la virtualidad y las redes sociales que habitamos, a los muros del mundo real, castillos, museos, panteones, fronteras, difuntos con los que soñamos en vida ingrávidos, aferrados por los clavos de Cristo y los de las sagradas fotografías. La Fotografía me da Vida pero también me Entierra.
Martín Sampedro, 28/08/2016
Articulos de prensa:
https://anti-utopias.com/art/martin-sampedro-latente/
http://www.quesabesde.com/noticias/martin-sampedro-entrevista
http://kauno.diena.lt/naujienos/kaunas/
Radio Nacional de España. Salimos por el mundo – Martín Sampedro.
Libro Latente: LATENTE “En el sueño de seres invisibles” Textos de Martín Sampedro, Leandro Taub y Antón Fernández de Rota. Encuadernación tapa dura 31 x 31 cm. 200 páginas. Edición limitada, firmada por el autor.
Muchas gracias a Andrius Pukis (Director de POST Gallery), Diego Alonso (Director de Mondo Galería), Jarek Ros (Coordinador), Niña Yhared (Performer) y todos los amigos y admiradores que han hecho posible este gran viaje. Fotografías: Lina Pranaityte, y Martín Sampedro.
Una lectura poética de Cecilia Quílez, cinematografiada por Martín Sampedro.
«La Memoria Salina» es un recital poético interactivo. Se trata de una puesta en escena con proyección y locución en directo de poemas de Cecilia Quílez, sobre una pieza audiovisual dirigida por Martín Sampedro. Imágenes, música y voces que armonizan la palabra poética.
Trailer 01
La tentación de la poesía también persigue a las imágenes y la música. El Audio-Visual; una pieza experimental con la que enredar todos los medios, ofrece una experiencia sensorial plena. El encuentro de imágenes, sonidos y palabras, nos predisponen al desbordamiento. Hay algo en ese desbordamiento, cuando la voluntad no manda ni decide, que la poesía se adueña de nuestras capacidades de percepción y nos eleva.
Ya fui tentado por el cantaor flamenco Juan Manuel Moneo Lara “El torta”, para hacer algo especial. Tuve la suerte de asistir al relanzamiento de su carrera. Milagrosamente aquel modesto disco doble, que hicimos, “Momentos”, con vídeos, etc. fue nominado a los Premios de la Música, y supuso el milagro de devolverle el reconocimiento y la gloria de la que ahora disfruta plenamente, para siempre.
La palabra, el sonido de la voz, sus matices, el duende, es algo que me hipnotiza. Así sucedió con los versos y voces de Cecilia Quílez. Leerla obsesívamente, a media luz, fue el germen de lo que finalmente llamamos “La Memoria Salina”. Las palabras de Cecilia Quílez, llenas de imágenes antagónicas y arrebatadoras emociones, pedían a gritos conquistar ese espacio de lo audiovisual.
Comenzamos haciendo una primera pieza de vídeo, y a pesar de la dificultad de generar tantas imágenes propias, pronto se fueron haciendo imprescindibles la voz de Alejandro Céspedes y la música de Solomón Zu. Meses de trabajo para alzar la voz y acercar la poesía a los nuevos foros del desbordamiento contemporáneo.
Si tienen la suerte de presenciar esta lectura poética de Cecilia Quílez, no podrán apartar la mirada ni los oídos, perderán el control de sí mismos, se desbordarán y serán plenamente poesía, para siempre.
Martín Sampedro, agosto de 2016
Trailer 02
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Fechas y lugares en los que se ha representado «La Memoria Salina»
– Casa del Lector. Madrid, 12 de marzo de 2015
– Convento de los Frailes. Puente Genil, 30 de mayo
– Museo Bárjola. Gijón, 21 de marzo de 2015
– Festival “Voix Vives”. Museo Sefardí. Toledo, 4 septiembre 2015
– Palacio de Medina Sidonia. Sanlucar de Barrameda, 25 de sep. 2015
– Fundación Centro Poesía José Hierro. Madrid, 14 de enero de 2016
– UAEM (Universidad Autónoma del Estado de México) 21 de abril de 2016
– Librería Café Ícaro, Granja de San Ildefonso, Segovia, 15 de julio de 2016
– Cosmopoética. 8 de octubre de 2016
Única fotografía realizada por Joel Peter Witkin durante su estancia en Madrid en la primavera de 1988
La fotografía fue realizada en el estudio «El Matadero» de Alcalá de Henares. El fotógrafo Martín Sampedro acompañó a Witkin en su búsqueda de materiales para la confección de Bruja. Así, el cadáver del perro procede de la Perrera Municipal de Madrid, el bonito fue adquirido en Mercamadrid y el resto de desechos de animales (cuernos, cabezas, etc.) fueron cedidos por el Matadero Municipal. En agradecimiento a la ayuda prestada por el fotógrafo español, Witkin le remitió esta copia dedicada que publicamos junto con el relato de las impresiones de Martín Sampedro acerca del artista norteamericano, acompañado en todo momento por Regina, su intérprete, y sus dos mujeres, Cynthia y Bárbara.
Nos habíamos quedado solos en el «Matadero», en espera del hielo para conservar los animales. Hablábamos con mi inglés torpe de los problemas que podría haber para construir a Bruja. Joel dibujaba en pequeños papeles bocetos de como podría ser. Me enseñaba los secretos de su bolsa (telas preciosas, máscaras de cera, tetas, alas de ave, cuchillos japoneses, ojos de cristal…). Lo contemplábamos como un tesoro y descubríamos cada ojo, cada teta, colocando un objeto tras otro, cada ala, cada cara creando una especie de escaparate de órganos donados. Al día siguiente volvimos al «Matadero», para realizar definitivamente la fotografía. Bárbara conducía la furgoneta alquilada que tanto olía a pesca-do. Joel y Cynthia hacían bromas mientras Regina y yo intentábamos adivinar cómo encontrar la carretera para llegar a Alcalá. Ya en el «Matadero», cuando todo estaba resuelto, nos despedíamos de Bárbara, Cynthia y Regina que prosiguieron viaje para visitar Toledo. De nuevo preparamos todos los objetos necesarios para la foto. Entre corte y agujero tomábamos unos tragos del rioja que nos había comprado Regina. Hacíamos bromas morbosas y nos reíamos diciendo disparates. Se acercaba ya el momento de construir la Bruja. Yo tenía que preparar la clase y salí para hacer algunas llamadas. Cuando volví, el perro estaba ya cortado. Joel se había quitado los guantes porque le molestaban para trabajar.
Me contaba los problemas que había tenido para cortar el cráneo del perro. El estudio estaba lleno de sangre y el olor aun-que intenso era agradable. La ceremonia había comenzado. Joel había prometido regalarme una foto y lo utilizó para pedirme que saliera del estudio. Dijo que no quería que yo viera aquello que prefería sorprenderme con la foto y además estar solo por si necesitaba gritar. Le comprendí perfectamente, así que nos tomamos unos tragos de vino y me fui a comer un sandwich. A las ocho vinieron los alumnos y yo tenía que dar la clase en la sala de proyección. Recuerdo que hablábamos de los materiales Polaroid, cuando se escuchó un sonido que parecía venir de la calle. El ruido se hizo cada vez más fuerte e intenso. Me dirigí a la puerta del estudio y al abrir, apareció la gigantesca sonrisa de Joel con las manos llenas de sangre y unos plásticos sucios cubriendo su camisa. Entonces, recordé que habíamos olvidado en el laboratorio el satén gris para el fondo de la foto. Entre los alumnos se repartían sonrisas y caras extrañas. Le di la tela y volvió a trabajar. Por fin terminó la clase, eran las diez y media de la noche y me moría de ganas por ver la bruja terminada. Entré en el estudio, Joel había puesto una plancha de corcho para que nadie pudiera mirar por el agujero de la puerta.
Cuando ya estaba cerca y podía verla, Joel se volvió y señalándose los ojos, me pidió que caminara de espaldas sin mirar a Bruja. Nos reíamos, la situación no era para menos. El estaba muy contento porque todo parecía estar saliendo muy bien, pero aún no había terminado, así que quedamos en recogerle después de las doce. Cuando llegamos al estudio ya estaba todo recogido en unos sacos azules. Era de noche y al sacar las bolsas a la calle, nos miraban como si llevásemos un cadáver. Yo intentaba tapar el reguero de sangre que quedaba en el suelo, Joel se reía y echaba más aguafuerte para desinfectarlo. Todo estaba listo para marcharnos. Nos dirigimos al «Pelotilla», el seiscientos de Pacote que nos llevaría a Madrid. Isaac, Gorka, Pacote, Joel, sus bolsas y yo hicimos todo lo posible para entrar en el coche. La cena se alargó hasta después de las cuatro de la mañana. Nos despedimos en la puerta del hotel donde tantos problemas tuvo para conseguir una cama de tres. Le recordé las palabras que dijo al comenzar el seminario en el Círculo de Bellas Artes, se volvió a reír y nos fuimos. Al día siguiente fui de nuevo a mi despacho en el «Matadero». Sobre mi mesa dejó una pluma blanca, otra azul, una teta de cera y todas las telas que me habían gustado.
MARTÍN SAMPEDRO MUÑOA
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Sobre la cama está Bruja. La miro sin miedo. Sé que a ella no le importa. Su mirada triste se pierde en el tiempo. Pero me escucha, sé que me escucha, aunque su afán sea respirar hondo para batir las alas y con sus remos cansados arrastrar su cuerpo de animal muerto. Le hablo de la belleza de su pecho, de sus pendientes delicados de bronce, del esplendor de su espada… Ella señala un deseo, cierra los ojos y con el papel y una pluma vuela.
– 123 –
Revista: Sur Exprés Nº 12. Madrid. 1988
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«El Rapto de Europa»
Raptar a una mujer es fácil por muy continental que sea su nombre. Lo mismo sucede con los conceptos, las ideas, las imágenes, la patentes, los sistemas, todo puede ser raptado secuestrado, conquistado, manipulado, fusilado, plagiado, envasado, vendido y devaluado, cuando se vive en la avaricia y se dispone de un batallón de mediocres paniaguados que simulen la tempestad perfecta.
Esta fotografía «El Rapto de Europa» que forma parte de la colección Latente, es una puesta en escena con la que recreo el mito griego en el que Zeus se convierte en toro para «salvar» a Europa, llevándola al huerto en sus lomos.
Al igual que Hans Bellmer fue capaz de construir una iconografía estrambótica para preservarse de la dominación Nazi, mi excéntrica Nueva Fotografía, se construye con otras luces, para librarme de los raptos, secuestros, y huertos en los que vivimos adormecidos. Llámese Europa, Ciencia, Patria, Fotografía, Economía, o Energía, la evolución depende de nuestra capacidad de inventar o intuir nuevas luces y palabras.
Esta crisis de los refugiados, la mayor crisis humanitaria desde la segunda guerra mundial, se adentró en Latente antes de que sucediera. La intuición es latente, lo dice Stephen Hawking “las máquinas no traerán un apocalipsis, pero la avaricia humana lo hará”. Martín Sampedro
«Cuando cuente hasta diez estarás en Europa»
Antón Fernández de Rota. A Coruña, octubre de 2015. (Extracto del libro «LATENTE» de Martín Sampedro)
Es de noche y un tren avanza. El tren no se ve. Solo las vías. Unos metros de vía iluminados; el resto es oscuridad. Los raíles pasan rápidos y monótonos, como el parpadeo mecánico que acaricia la pupila perdida en el orificio profundo del lobotomizado. Una voz en off se dirige a ti, cálida, pausada y grave: “Cuando cuente hasta diez estarás en Europa”.
Uno…
Europa no se ve tan fácilmente. Requiere preparación. Hay que aclimatar la vista y el oído, en la cadencia propia de lo onírico. Ευρώπη. Mitología. Rapto. Una mujer fenicia seducida por Zeus, engalanado para la ocasión vistiendo el cuerpo de un toro. Enamorada, Zeus se la llevó consigo a Grecia montada a su lomo, como en el cuadro de Moreau, donde el cuadrúpedo conserva un rostro humano para mirarla, con dulzura comprensiva, a los ojos. O tal vez Ευρώπη, la mujer engañada por aquel dios —“ignorante de a quién montaba”, según Ovidio—. Peor: Europa, mujer, fenicia, hija del rey, monarca en la œumene otra por antonomasia, mujer y asiática, secuestrada y apropiada. Esta es la versión de Herodoto. La imagen elegida por Tiziano. Pintada toque a toque, al son de los golpes que manchan el lienzo con los colorantes disueltos en el aceite, con un fondo de brochazo largo, cuya tensión de conjunto, caótica, tan solo el concierto cromático logra recomponer. Y el tren avanza.
Dos… tres…
Cuatro versiones de Europa, corriendo un velo sobre la mujer. Nos dicen que Europa es porque no es lo que fue. No hay rapto, menos aun mitología. Europa es una Civilización. Europa es un hecho histórico, un dato de positiva materialidad que existe por sí misma y no tiene necesidad de ir a buscarse fuera-de-sí. Contención. El coro de voces sigue acoplándose en canon. Grecia, o la Europa política y filosófica. Roma, o la Europa política y legal. La cruz de Europa, una cultura anclada al territorio signado por el chorreo de la sangre sacrificial. Y algo más, que por prudencia no se habitúa a decir en voz alta; un caudal de murmullos la definen en su susurro como una variación tonal: Europa, un color, blanca y no negra.
Imposible aceptar desde esta óptica el oscurecimiento propuesto por el historiador Martin Bernal, que sostenía lo siguiente. Durante siglos, incluidos los que comprenden sus periodos heroico-mitológico y filosófico-democrático, Grecia, más allá de sus conflictos orientales, fue imaginada como parte de una misma, basta y difusa área cultural egipcia y semita; solo a partir del XVIII pudo blanquearse la polis e imponerse la visión aria.
Nuevo rapto de Europa. Rapto ahora de su cuna, separada de sus dos hermanas, Asia y África.
Cuatro…
La última vez que Europa fue mujer, políticamente, lo fue sobre el mapa, antes de que al cuerpo del continente le naciese un Norte noble y un Sur grosero. El cartógrafo Sebastian Munster la representaba de pie. Europa Regina. En Iberia queda su cabeza coronada. Italia es el brazo que sostiene por Sicilia el orbe con la cruz. La otra extremidad escandinava, agarra con sus gélidas costas el cetro. La Galia es su pecho. Germania, su corazón. Sus faldas caen por Hungría y Polonia hasta tocar el suelo en Grecia y Moscú. Pero entonces se disipa, abrupta, la ensoñación de los Habsburgo. Europa es cisma. Un hachazo que la abate.
En lo sucesivo permanecerá por siempre en posición horizontal. Tumbada y desmembrada. Así lo sanciona Westfalia. Por más que el sueño cesáreo de la recomposición imperial siempre esté ahí, latente, y que de sus quimeras nazcan todos los bonapartes y los hítleres, y los señores de la Santa Alianza que ahora mueven los hilos de la Comisión Europea y el Banco Central; y la latencia de la latencia, que redescubre razas urálicas y helenas, ante la desesperación de los refugiados que escapan de sus tierras arrebatadas por las guerras gringas y europeas, arribando, desde Siria, a las tierras donde el Jobbik enarbola el estandarte y espumea, frente al antiguo sol y león persa, el Amanecer Dorado.
Cinco… seis…
La máquina que se confunde con Europa se abre paso pesada. Como el tren en la Europa de Lars von Trier, en el tramo final de una trilogía organizada en torno al elemento del crimen que es la latencia de todos los raptos de Europa. El tren soporta la carga de las sanguijuelas y las serpientes que se arrastran y se enroscan en sus asientos, amenazando al Juggernaut metálico con hacerlo descarrilar.
Europa viajó a paso de conquistador antes de recorrer los caminos de hierro. Bodas, primero, del Cielo y de la Tierra, en la imaginación de Colón, quien a orillas del Orinoco creyó haber descubierto el septentrional Paraíso perdido de Eva y Adán. Y un rápido intento de divorcio, exigido por Sepúlveda al dudar de la humanidad de los salvajes, ante el enfado del obispo de Chiapas. Las diatribas de Sepúlveda y De las Casas giraban en torno a esta cuestión: ¿hay un alma ahí, en ese cuerpo desnudo que habitan los salvajes? Pero ahora los europeos ya no se hacen este tipo de preguntas.
Una migración conceptuallas llevará desde una escisión de la humanidad de corte espiritual a otra material. La primera, religiosa, distinguiendo entre quienes están cerca o lejos del cielo por su constitución corporal. La segunda, geográfica, durante la Ilustración.
A la altura de Montesquieu los continentes se rompen en la verticalidad de la línea que va del Norte hasta el Sur. Gracias, paradójicamente, a la ayuda de quienes quedarán subordinados en esta nueva cartografía y climatología política. ¿Acaso no fueron los naturistas americanos, criollos e hispanos, quienes primero ofrecieron la taxonomía, aunque fuese para legitimarse ellos mismos?
La ciencia criolla dice: el temperamento colérico de los hispanos, en el propicio clima americano, se compensa con la humedad de las indias, surgiendo de lo flemático y de lo colérico una constitución sanguínea superior. Y Montesquieu replica un siglo después: observen los frutos cultivados en los climas germánicos; la racionalidad de sus leyes surge del clima que enfría las pasiones; la vieja ley germana, calculadora, exacta y diáfana: “el hombre que destape la cabeza de una mujer habrá de pagar seis sueldos, quien descubre la pierna hasta la rodilla también, y el doble si levanta el vestido por encima de esta articulación.”Observen ahora que ocurre en España: el calor nubla la razón, concluye Montesquieu. El sexo extiende su imperio. El Sur se entrega a la venganza en una espiral de violencia con su punto de origen en el adulterio, que inflama igualmente la imaginación de sus legisladores, recelosos de un pueblo pasional, tan vago y corrupto como ellos mismos lo son.
De esta climatología imaginada nace la primera figuración de aquellos dejados al Sur, y que hoy el Norte, siempre necesitado playas cálidas, prefiere llamar cerdos, haciendo chistes con el acrónimo “P.I.G.S”.
Si se quiere, se podrá representar así otra trilogía europea. Uno, dos, tres. El primer episodio lo protagonizan los conquistadores, el segundo los lumières, y el tercero… El tercer acto no ha terminado aún. El tren.
Siete…
Europa bífida, como la lengua de una serpiente. Europa del Norte y Europa del Sur. El pensamiento-víbora se duplica otra vez esparciendo su veneno al otro lado del océano. América del Norte y del Sur. Bipartición cargada con todo el simbolismo que arrastran los siglos y los milenios. Norte y Sur. El cuerpo ligado a la tierra y el que se alza hacia los cielos. La parte inferior del cuerpo: la barriga, las vísceras, el ano, los genitales. Las peligrosas fuentes de la pasión, que emponzoñan la razón cerebral. El vientre y el bajo vientre, la parte animal donde imperan y acucian las necesidades que ponen en peligro la corona de la mirada humana, allí donde el alma brilla con dios, enturbiando la pupila, difuminando así la distinción que separa lo humano de lo animal.
Las fiestas de los bobos y la risa pascual, la fiesta del asno y el carnaval, medievales y renacentistas. La inversión de lo cotidiano. La perversión de lo alto y lo bajo. La apertura del cuerpo en el realismo grotesco. El labrador que engulle al papa en la parodia, para ponerse en su santa piel. La vaca que duerme en los aposentos reservados a los amos. La mujer que abandona los ropajes que le son asignados. Quien se disfraza de animal, para comportarse por un día como tal. Corporalidades constructivistas. Grotescas, porque para entrar en comunión con el inferior absoluto, y subvertir las diferencias de naturaleza y de rango, necesitan deshacerse de la integridad. Mijaíl Bajtín: “el énfasis está puesto en las partes del cuerpo en que éste se abre al mundo exterior o penetra en él a través de sus orificios, protuberancias, ramificaciones y excrecencias tales como la boca abierta, los órganos genitales, los senos, los falos, las barrigas, la nariz”. Roto el cuerpo, adquiere profundidad.
Lo contrario de la pornografía, que jamás es grotesca u obscena. Que no es profunda sino plana, incluso cuando bucea en las jugosas cavernas del cuerpo.
Demasiado higiénica, la pornografía resulta en exceso científica para resultar grotesca… o erótica. Boris Vian: “el erotismo requiere una obscenidad ligeramente sublimada, una obscenidad poética”. Que es lo contrario de la exposición industrial del corte en serie de la carne a lo largo de los planos pornográficos; o científica, a la manera de la toma ginecológica del coño abierto o de la sonda en la que se convierte el pene lubricado bajo los focos que lo filman durante la penetración bucal, anal o vaginal. Carnicería fotográfica de la anatomía científica, una verga, unos pechos, el agujero del culo, mostrados por separado, pieza a pieza, en un plató tan densamente iluminado como el quirófano. El erotismo se baña en las aguas del misterio, necesita algo de oscuridad e indecibilidad, para mostrar atmosféricamente lo que no se ve. El porno, como la vieja ley germánica, lo expone todo y lo muestra parte por parte, iluminando las zonas con una misma luz. Tiene el encanto y la misma efectividad que la estantería de productos en un supermercado. Fácil, rápido, apetecible, despersonalizado, inventariado y categorizado, adecuado a las exigencias faltas de tiempo del just in time.
La Europa que viaja en el tren, por la tercera entrega de la trilogía, es pornográfica. El campo de concentración nazi lo fue, todo él, y no solo las Divisiones del Gozo, hechas de mujeres judías recrutadas a la fuerza para ser violadas por los oficiales. Facebook, Twitter y Tinder también lo son, pero de un modo interesante. Todos mentimos, y lo sabemos. Plena exposición de cada uno de nuestros instantes otrora íntimos, pero falseados. Y de ahí su atractivo, que ofrece a la pornografía del selfie regulada por la ciencia del logaritmo una pizca de misterio erótico y de jugueteo cínico. El tren que avanza, transita alocado ahora los viales de las redes sociales. Pero las segregaciones de la serpiente son susceptibles de volverse aquí pharmakon. Platón: el veneno que es remedio a la vez.
Ocho…
Una nueva representación del rapto: Latente, la obra de Sampedro. Los cuerpos del porno son demasiado reales para ser perfectos. Los que crea el fotógrafo, demasiado perfectos para ser reales. La latencia, en el mejor de los casos, es lo único que aquí es real. Versiones de Man Ray, envueltas en flujos digitales para desvelar el sonido oculto de su sensualidad. Escher erotizado. Y las muñecas de Bellmer… Aquí la clave.
Bellmer las armaba para vengarse de su padre nazi. La muñeca de múltiples pechos. La muñeca que toda ella es partes. Partes que pueden ser ensambladas una y otra vez, para descubrir la mecánica del deseo.
Bellmer seguía los pasos de Kleist, cuyo relato sobre el teatro de las marionetas había ilustrado. El mundo orgánico, escribía aquél, se está debilitando, pero el bailarín podrá aprender de estos extraños muñecos para renovar su arte. No hace falta individuar las partes de cuerpo atándolas al titiritero con una miríada de hilos. Cada movimiento las gobierna desde su propio centro de gravedad, en el interior de la figura, dibujando curvas maravillosas, ofreciéndole al humano posibilidades corporales insospechadas. Tal vez por esta imagen el Kafka de la Metamorfosis admiraba a Kleist. Quizás hubiese que alinear la poupée Bellner y las imágenes de Sampedro con otras marionetas más: las bunraku del teatro japonés, interpretadas por Barthes en El imperio de los signos, con su espectáculo de cuerpos desagregados.
¿Qué son todas ellas? El problema del pharmakon. Las imágenes de Sampedro asumen la forma del Cubo en la película de Vincenzo Natali, para invertir su funcionamiento; un cubo que bien puede ser tomado, como sugería Peter Flemming, crítico del management, como metáfora del mundo laboral actual.
Nunca se entra ni se sale de sus entrañas. Todo ha empezado antes de comenzar, y jamás acaba nada. Ni siquiera termina cuando la puerta de la oficina se abre y la traspasas y das el primer paso en el interior de tu casa. Un cubo da a otro cubo, dentro del mismo rompecabezas. Llamada del jefe al anochecer, cuando combates contra el sueño entre los cojines del sillón. Revisión del e-mail del trabajo mientras desayunas. Ni siquiera al dejar el empleo abandonas el cubo de cubos, pues ya estás atrapado en el continuo acto de invertir en tu capital humano para seguir adentrándote en aquello de lo cual nunca has salido. Cada habitáculo tiene una salida, sí, pero va a dar a otro más. Y estas habitaciones se mueven periódicamente, gobernadas por un logaritmo indescifrable, cambiando su posición para evitar que recuerdes el camino por el que has avanzado, si es que un día quieres recorrerlo hacia atrás.
Frente al Cubo de Natali, estas otras imágenes: “Psiquis y Cupido”, “Homos”, “La chica Golem de Bellmer”, “Andrógino amamantando dos medias naranjas”, “La muñeca de Hans”. Armadas con la audacia de Bellmer, Sampedro convierte el cuerpo en el exacto opuesto de aquella sádica colmena mecánica. La articulabilidad de las piezas es índice de libertad, en tanto que liberación de posibilidades. Y ello, gracias a un flirteo descarado con lo pornográfico, que prefiere abrazar su código para someterlo, antes que retroceder asustado ante la omnipresencia pornográfica; abrazarlo, antes que entregarse a la imposible tarea profiláctica de su condena, o a la inútil declamación del exorcismo, como la del impotente beato que se pertrecha tras un crucifijo, sin poder apartar su mirada deseante del catre donde se convulsiona la poseída.
Es mejor jugar en el dominio de lo pornográfico. Aceptar sus términos y desviarlos para llevarlos a otro lugar. Convertir la sobreexposición en latencia, reenviando el cuerpo desde los ámbitos de la ciencia y del supermercado de regreso al mundo de los sueños. La fragmentación, por el exceso numérico de partes y por el mezclado de cuerpos y órganos, termina por infectar la carnicería anatómica y el higienismo pornográfico con un realismo grotesco extraído del fantasioso reino del carnaval. Doble movimiento. De lo real a lo onírico y de lo onírico a lo real.
Nueve…
“La llave del paraíso/Swastica”, así se llama la imagen de Sampedro en la que dos cuerpos femeninos semidesnudos y unidos por sus nalgas, forman con sus piernas el símbolo indio del que se habían apropiado aquellos viejos nazis que llenaban el ferrocarril de Lars von Trier. El tren de la Europa raptada. El tren de las sanguijuelas sedientas de sangre y de todas las serpientes bífidas empeñadas en partir la tierra en dos, a imagen de sus lenguas venenosas, que han querido colocar un Norte siempre por encima de un Sur, incluso en el teatro pornográfico, alérgico a la obscenidad.
Ευρώπη, mujer, raptada, apropiada por el impulso sexual de un dios. Al fin, rapto pornográfico, dios raptor raptado, por una exuberancia de ciencia y de mercado. Ya se escucha el tic tac que preside la estación. Llegamos a la parada final. Y nos topamos en el andén con los mil cuerpos de lo grotesco, que asedian, como el viejo fantasma del aquél manifiesto, las fantasías y pesadillas de una Europa a la que estás a punto de entrar, y de la que nunca hemos salido, y que se tambalea mientras sus ruedas hacen a las vías chirriar.
Antón Fernández de Rota. A Coruña, octubre de 2015
«…sólo artistas raros y ajenos a la institución y el sistema, ajenos a las servidumbres como Sampedro, pueden ofrecer las lecturas correctas que necesitamos los ciudadanos que aspiramos, hoy en día, a seguir siendo libres. Aunque sea a través de un recurso aparentemente tan simple como el de decirnos que “el Rey está desnudo”. O mejor dicho, la Monarquía entera. Porque en los últimos capítulos de su extensa y variada obra, el amigo anda empeñado en mostrar una y otra vez las vergüenzas de nuestra Familia Real, y, por extensión, las de todos sus súbditos.» David Casas Peralta.

Adán y Eva Bucle Retrato
Instalación, «La extrañeza de Existir». Medidas variables. Pieza de audio y vídeo loop para dos monitores o proyectores independientes. Uno para Adán y otro para Eva. Martín Sampedro, 2010.
Bajo la piel
Los Latentes de Martin Sampedro están desprovistos de ese tinte trágico porque lo que radiografía no son cuerpos reales sino imaginados, sublimados por el deseo. Sampedro remenda el cordón umbilical entre los albores de la fotografía (la imagen latente como principio de la foto analógica) y las técnicas digitales y holográficas más punteras, sirviéndose del concepto de latencia como sustrato mental. Anatomías esculturales escaneadas por nuestra libido, copulando, practicando el cunnilingus, reflejándose en espejos cóncavos, deformantes, fotografiándose a sí mismos en un mise en abyme en el que memoria y deseo, virtualidad y carnalidad, se encabalgan. Como espectadores proyectamos nuestros impulsos en esos flashes de conciencia no revelada. Podemos elegir entre conservar esa latencia, estatus fantasmático, alucinado y onanista, o romper el hechizo positivando la imagen con nuestro smartphone.
Artículo completo en Le Bastart
«Los contrabandistas de Ronda». Federico García Lorca y Salvador Dalí en carne viva. Martín Sampedro, 2009
Latente Álter-Retratos
Yo mismo traeré sobre vosotros espíritu, y viviréis. Pondré sobre vosotros tendones, haré crecer sobre vosotros carne, extenderé sobre vosotros piel, os infundiré espíritu, y viviréis. El valle de los huesos secos. Ezequiel 37, 1-14
Cuando mi amigo P.P.M. escribió el titular «Martín Sampedro: La Nueva Fotografía» para el catálogo de la exposición Interior Ulterior, me sorprendió su habilidad al señalar mi trabajo como precursor de un acontecimiento. La Nueva Fotografía, en la que yo trabajo, no está hecha de los instantes cotidianos a los que Pablo llamaba “mi vida misma” sino que incorpora otras luces, otras formas de vida, alucinaciones o personas virtuales, como elementos esenciales de la fotografía. Con esta forma de bautizar mi trabajo absolvía el tabú de la peligrosa amistad entre la fotografía tradicional y las nuevas formas de generar imágenes en la era digital. De ahí la “ene” invertida en recuerdo a la revista Иueva Lente, a Pablo Pérez Mínguez, Carlos Serrano y Jorge Rueda. Su reconocimiento y ejemplo me acompañan cuando construyo imágenes y busco la forma de nombrarlas; nueva fotografía, fotografía fantástica, realismo mágico o esperpento en recuerdo también a mi vecino Valle Inclán.
¿Podría vivir la vida sin pensarla, observarla, fotografiarla, nombrarla?
Desde que tengo uso de razón, pasar el tiempo haciendo fotos me ha ayudado a revelar intuiciones. Al igual que las palabras sirven para vestir una idea, la fotografía me sirve para desnudar la realidad. Lo que pienso está condenado al olvido. Según escribo voy olvidando y, sin embargo son las imágenes aquello que permanece latente en mi memoria. Cuando pienso en un concepto, por ejemplo el amor, inevitablemente me lleva al retrato de las personas amadas. Los recuerdos, los conceptos y los sentimientos tienen la apariencia de una fotografía aunque no interceda la cámara ni se pulse un disparador para capturar el instante. Lo que creemos hacer de forma consciente, lo hace nuestra mente con naturalidad de forma inconsciente, sin cámara, revelados ni retoques. La cámara subjetiva siempre va encendida, trabajando en crudo para entregarnos algo no meramente retinal; de ahí mi vocación impura de cocinar las imágenes para extremar la subjetividad.
¿Pero qué pasa con los ciegos, acaso ellos no cocinan las imágenes?
Cierro los ojos para meditar esta pregunta y veo algunas manchas de colores, energías y formas que no alcanzo…, aprecio un parpadeo muy cinematográfico, casi eléctrico, puede que sea el eco de los fluidos que laten en mi interior. La mandíbula se relaja y comienza a temblar, vibra, tintinea como si estuviera nervioso… ¡Esto sí que no me lo esperaba! Olvidé purgar los radiadores y puede que el frío esté alumbrando este misterio. Con cada rechinar de dientes comienzan a saltar flashes de imágenes holográficas tejiendo recuerdos y deseos…, los ojos inundados por la emoción.
Con los ojos cerrados he visto retratos y fragmentos de realidad que me citan con la infancia, nada extraño pero sí vertiginoso. ¡Qué fuerte! Al vestirme con la piel de un ciego, alucino y lloro como lloraría un ciego al recuperar la vista.
¿Acaso la fotografía no es otra cosa que alucinación?
Después de Interior Ulterior, La extrañeza de Existir y Sangre Azul, en los que la figura humana había sido reemplazada por seres virtuales, con la excusa de mostrar las otras dimensiones de la existencia, me encuentro ante la incertidumbre de continuar el camino. Al cerrar los ojos para visualizar la dimensión del desastre, descubro lo abismal que se hace caminar en solitario, y la inmensa suerte de tener tantos amigos invisibles. Estos esperpentos que me guían y hacen mi trabajo tan reconocible, me están dando la oportunidad de construir una imaginería propia. Aunque involuntariamente parecen provocar un enfrentamiento con el mundo de los humanos y de la fotografía tradicional, nunca renegaría de ella pues me acompaña desde niño ahorrándome infinidad de palabras huecas. “Latente” era aquella mágica sensación que alumbraba mi imaginación frente a la realidad atrapada en los carretes recién revelados que colgaba de la ducha. “Latente” es la prisa por intuir el milagro de la vida, energía vital. “Latente” es la luz que yo reclamo, la luz de tu mirada; “Llegaste oh Telémaco, dulce luz de mis ojos, alegría de mi vida”. La dulce luz que Homero nombrara en griego como (faos/faeo), en lugar de la luz del sol (fos/fotos) con que bautizaron a la “foto-grafía”. Ésa era la luz con la que alumbrar lo latente y por eso en algún momento llamé a mis “fotografías”: “fao-grafías”.
Siempre me ha llamado la atención esa vocación que tenemos los humanos por imitar lo que se da en la naturaleza. El ambientador que huele a pino, una pintura que parece un paisaje, esa fotografía que parece un cuadro, ese dibujo tan bien hecho que parece de verdad,… Todo lo que nos rodea nos inspira para deconstruirlo y manufacturarlo como si fuéramos creadores. La economía, el desarrollo, el bienestar, el malestar, todo lo que hacemos los humanos gira en torno a la posibilidad de poseer aquello que en la naturaleza se da gratis. Pero lo acompañamos de una mentira piadosa, un precio, en ocasiones una trampa mortal. También, elaboramos creaciones y trampantojos con que mostrar la dimensión latente de aquello que admiramos. Así el arte, en esta era digital, es visitado, revisitado, copiado, duplicado, imitado, sobado, mejorado, valorado, devaluado, enviado, robado y regalado, con la urgencia de posponer en lugar de proponer. Tal vez el gesto de disparar el obturador de una cámara fotográfica sea la decisión consciente de atrapar algo memorable y embalsamarlo para su conservación como algo cierto. En cambio la verdad es latente, y la creación invención.
¿Existirá un nuevo arte, más allá del entretenimiento o el espectáculo?
Sírvame este último experimento Latente para decir algo propio en favor de La Nueva Fotografía y su luz espiritual. Por fin podemos fotografiar lo inexistente, elevar la mirada más allá de lo evidente y construir una realidad sin miedo al derrumbe. Al mirar las fotografías de la colección Latente, tras la contemplación, el onanismo o el deleite estético, intuyo que respirar, transitar, fotografiar y compartir lugares o personas inexistentes, responde a mi necesidad de citarme con el Álter-ego. Y para que me entiendan, he acuñado una nueva palabra cargada de futuro con la que nombrar esto que ahora hago; “Álter-retratos”.
Desde que Louis Dodero inventara las famosas tarjetas de visita con las que se popularizó la fotografía en sus primeros tiempos, la cámara fotográfica ha asistido a constantes innovaciones que han transformado nuestra forma de ver e interpretar la vida. La revolución digital, no ha hecho más que empezar. El desarrollo masivo de esta tecnología, ha facilitado que cualquier persona pueda expresarse y hacer retratos de forma sencilla. Pronto las cámaras digitales estarán dotadas de nuevas tecnologías espaciales y sensoriales con las que captar, representar y compartir eso que vemos al cerrar los ojos.
Aflojen los párpados, dejen aflorar lo latente. Sírvame esta colección de álter-retratos como homenaje a la fotografía y a los fotógrafos, los del negativo, el positivo, el microscopio, la endoscopia, el escáner, el 3D y la resonancia magnética; los de la alucinación latente, los que inventaron el arte moderno y los que revolucionaron la medicina y la ciencia a base de nuevas formas de observar la vida y sus diferentes dimensiones, a puro pulso de imaginación.
Hagan suyas estas imágenes, rebélense, descubran la mágica sensación de desvelar lo latente, formulen nuevas adivinanzas y, tal vez así, puedan inspirar y resucitar a los muertos.
Martín Sampedro, 14 de abril de 2015

La colección «LATEИTE» se muestra en negativo para que el espectador viva la experiencia de proceso fotográfico. A través de la cámara de su teléfono móvil podrá ver las imágenes en positivo. Utilice la cámara por defecto de su smart phone con el efecto negativo, o instale la aplicación gratuita para iPhone.

































































































